Les maladies virales

__________________

1. La maladie virale hémorragique (VHD)

 


Elle est encore appelée en anglais Viral Haemorragic Disease (V.H.D) ou hépatite virale ou hépatite virale hémorragique ou encore maladie X ou maladie hémorragique virale. La VHD est une maladie récente. Elle est apparue sous forme épizootique, la première fois dans le monde en Chine en 1984, puis en Europe et en Amérique en 1988. Lorsqu'elle atteint un pays, sa vitesse de propagation est foudroyante. La première apparition de la VHD au Bénin eut lieu en 1995. Les pertes enregistrées ont été très sévères et correspondaient à une époque où la cuniculture était en plein essor. Plus de 90% des exploitations du sud du pays ont été touchées avec des mortalités allant de 80 à 100%.

*Les symptômes
- Forme classique (foudroyante, aiguë)
La maladie atteint les reproducteurs et les jeunes adultes. Dans la forme classique, la plus répandue, les lapins de moins de 6 semaines ne sont pas atteints. Lorsque le virus de la VHD atteint un élevage, après une courte incubation de 1 à 3 jours, la maladie se déclenche à une vitesse excessivement rapide.
Le lapin malade cesse de manger et de boire. Il est prostré (profond abattement), fiévreux avec une respiration rapide, puis présente d'intenses difficultés respiratoires aboutissant à la mort par asphyxie et avec des douleurs intenses. A la phase terminale, le lapin agonisant se jette sur le sol en poussant des cris de détresse et de forts tremblements. On retrouve le cadavre, la tête souvent rejetée en arrière. La plupart des cadavres présentent des rejets de sang aux narines. Sur une durée allant d'une demi-journée à 3 jours, la maladie virale hémorragique provoque la mort de 60 à 100% des sujets adultes lorsqu'elle apparaît pour la première fois dans un élevage.
- Forme subaiguë
Des formes insidieuses ont été observées en Europe au cours des dernières années. Les symptômes les plus caractéristiques mentionnés ci-dessus sont absents ou peu apparents, comme par exemple le saignement nasal. La mortalité peut atteindre également de jeunes lapereaux. Dans ces cas, la VHD a été confirmée par des tests sérologiques et la recherche du virus responsable

* Les causes
La VHD est due à un Calicivirus. Ce virus est très résistant à la congélation, à l'éther, au chloroforme et aux enzymes protéolytiques. Par contre, il peut être détruit avec l'eau de Javel, la soude, les phénols. La transmission du virus se fait par contact entre lapins ou avec des objets ou personnes ayant été en contact avec lapins atteints de VHD. La maladie se transmet aussi par le vent (le virus "déposé" sur les particules de poussière transportées par le vent)

* Les lésions
A l'autopsie, on observe :
=> Une trachée très congestionnée renfermant souvent du mucus hémorragique mousseux.
=> Des poumons congestionnés et hémorragiques.
=> Un thymus excessivement hypertrophié atteignant le volume du cœur (alors que normalement à 10 semaines, il est atrophié et à peine visible)
=> Un foie hypertrophié, décoloré, d'aspect cuit, friable et dont les lobules sont très marqués. Le sang présente des défauts de coagulation.

* Le traitement et la prophylaxie
Aucun traitement n'est possible. Par contre, la vaccination est très efficace, même dans un élevage infecté où sévit la maladie (ce qui est rare pour un vaccin). Une protection efficace peut être acquise en vaccinant en urgence tous les lapins de plus de 4 semaines dès qu'il y a suspicion de VHD dans l'élevage. Dans ce cas, la rapidité d'intervention est déterminante. Il faut dans le même temps assurer une ceinture vaccinale autour de ce foyer (vacciner les élevages de lapins des environs). La vaccination protège efficacement les animaux dès le 4e ou le 5e jour suivant l'injection. Plusieurs types de vaccins sont sur le marché (Cunical®, Lapinject®, Haemorrvac®, etc…). Il est conseillé de lire attentivement le mode d'emploi du vaccin avant son utilisation


.2. La myxomatose

 

Cette maladie est causée par le virus de Sanarelli (Poxvirus). Elle a été introduite en Europe en 1952.. En est la conséquence de la mise en présence d'une part de ce virus présent chez des lapins américains (Sylvilagus brasiliensis, …) sans les affecter outre mesure et d'autre part des lapins européens (Orycyolagus cuniculus) qui s'avèrent très sensibles. Elle existe désormais à l'état endémique là où vivent des lapins européens à l'état sauvage qui servent de réservoir (France, Espagne, Australie, …), mais elle n'est pas encore signalée en Afrique occidentale, probablement en raison de l'absence de lapins sauvages servant de réservoir. Les lièvres qui eux existent en Afrique sont en effet insensibles.
C'est une maladie qui peut être transmise par les insectes piqueurs et différents vecteurs inanimés. La lésion caractéristique est le myxome, nodule (renflement) circulaire en relief au niveau de la peau et des muqueuses (face, oreilles, organes génitaux).

Il n'existe aucun traitement curatif pour soigner les lapins atteints de myxomatose, par contre il est possible de les vacciner à titre prévention