Les maladies respiratoires

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Outre les affections du tube digestif, les maladies respiratoires sont également très répandues et redoutées en élevage cunicole. Les plus couramment rencontrées sont le coryza contagieux et les pasteurelloses. Dans la majorité des cas, les maladies respiratoires sont liées à un défaut dans l'environnement immédiat du lapin. Les facteurs favorisants sont :

  • Les facteurs climatiques (froid ou chaleur excessive)

  • Les facteurs d'ambiance comme une aération insuffisante, un air trop humide et surtout des courants d'air (voir la partie
    Logement)

  • La présence de poussière dans l'air ou dans l'aliment (un aliment est poussiéreux si des particules fines se soulèvent quand on souffle doucement sur l'aliment)

  • La concentration excessive de gaz irritant comme l'ammoniac (plus de 10-15 ppm).

  • Les situations physiologiques délicates (gestation, sevrage, …)

  • Les facteurs pathologiques (parasitisme par exemple).


1. Le coryza

 

On distingue deux formes de coryza (inflammation de la muqueuse des cavités nasales), le coryza aigu et le coryza chronique.

* Les symptômes

 

 

Ils sont variés selon qu'il s'agit de la forme aiguë ou chronique, d'un coryza primitif ou compliqué d'une pleuro-pneumonie.
En cas de coryza aigu, l'écoulement nasal est abondant, séreux ou séro-purulent et peut souiller toute la région périnasale. L'animal se frotte le nez avec les pattes antérieures, entraînant la souillure de ces membres sur leur face "intérieure" (indicateur pour reconnaître le coryza). Les éternuements sont fréquents. La maladie peut évoluer sous une forme chronique ou se compliquer d'une otite moyenne accompagnée quelquefois de torticolis, d'une pneumonie, d'une pleurésie.
Le coryza aigu peut évoluer en coryza chronique. Le lapin éternue mais il n'y a plus de jetage nasal. Les sujets atteints maigrissent à la longue

 

 

 

 

 

 

 

 


* Les causes
Les bactéries telles que Pasteurella multocida et Bordetella bronchiseptica mais aussi des staphylocoques et des streptocoques sont responsables de la maladie. Les facteurs favorisants cité plus haut restent essentiels.

* Le traitement
Il n'existe pas de traitement à coup sûr efficace si les facteurs favorisants ne sont pas contrôlés.. On peut tenter toutefois d'utiliser la Sulfadiméthoxine® (0,5 g/litre d'eau de boisson) ou l'Oxytétracycline® par voie intramusculaire à la dose de 1 à 2 ml pour 10 kg de poids vif pendant 3 à 5 jours. On peut aussi utiliser la Sulfamérazine® en injection pendant 3 jours ou un traitement dans l'eau de boisson à la dose de 1 ml pour 3 kg de poids vif pendant 5 jours. L'utilisation du Trisulmix® dans l'eau de boisson à la dose d'une cuillerée à café dans 5 litres d'eau pendant 5 jours permet de limiter les dégâts. L'emploi du Corylap® (ou équivalent) à la dose d'une cuillerée à café par 2 litres d'eau de boisson pendant une période parfois assez longue peut venir à bout de la maladie.

* La prophylaxie
Il faut isoler les malades, sacrifier les sujets les plus atteints, pratiquer la quarantaine avant l'introduction de nouveaux sujets, et surtout revoir les conditions d'élevage (hygiène, température, humidité, ventilation)


2. Les pneumonies

 

Elles sont surtout d'origine pasteurellique. Les bordetelles et d'autres bactéries sont souvent associées. Comme pour le coryza, les facteurs d'environnement jouent un rôle essentiel.

* Les symptômes.
La pasteurellose respiratoire se manifeste par une respiration difficile, bruyante, rauque, de la toux et la dégradation de l'état général du lapin. On peut facilement percevoir les bruits respiratoires incongrus (râles) en plaçant les mains sur les côtes du sujet malade, ce qui rend facilement perceptible les " raclements " respiratoires.
La transmission de cette maladie se fait essentiellement par contact avec les mangeoires et les abreuvoirs souillés ou par contact avec des animaux malades. Dans les cas graves, la mort intervient en 3 ou 4 jours mais le plus souvent, surtout chez les adultes, en 7 à 8 jours. Dans d'autres cas, certains sujets développent une pasteurellose chronique, ils sont peu productifs et contaminent les autres. Il faut les éliminer.

* Le traitement.
Le traitement à base d'antibiotiques ou de sulfamides est en général entrepris, souvent sans grand succès. Les produits sont mes mêmes que pour le coryza.

*La prophylaxie sanitaire
Lors de la construction du clapier, il faut s'intéresser aux conditions d'élevage (température, humidité, ventilation). Il faut éliminer les sujets trop atteints dans les élevages où la maladie sévit.
En cas d'épidémie, il est nécessaire de faire le vide sanitaire et reprendre l'élevage avec des sujets sains car les animaux "guéris" sont porteurs de germes

 

Le TIAMULINE  ( vendu sur le nom de CEVAMULINE  ) oraal + Baytril est employé aussi pour combattre cette maladie voir http://www.ffc.asso.fr/Publications/la_tiamuline.htm : Petit extrait :

Actuellement, le coryza est connu pour être une des maladies les plus rencontrées en élevage de lapins de concours. Une récente enquête réalisée dans des expositions a mis en évidence le portage de pasteurelles sur au moins un lapin sur deux. Cela ne veut pas dire qu’il tombera malade mais il en a la possibilité.


Les maladies respiratoires du lapin sont dues à trois bactéries principalement. La pasteurelle est la plus connue. S’y ajoute la bordetelle (Bordetella bronchiseptica) qui vit dans les sinus et les « ronge » et mycoplasma qui vit dans le poumon, l’abîme et favorise ainsi le développement de la pasteurelle. Le
lapin étant porteur sain de certaines pasteurelles, il a été nécessaire de mettre au point un test de laboratoire capable de détecter si la pasteurelle est dangereuse ou non pour l’animal. Ainsi, on distingue les pasteurelles ODC + qui sont pathogènes des pasteurelles ODC- qui le sont peu. Tout laboratoire est capable en principe de vous le signaler.


Mais lorsqu’on parle de pasteurellose, il faut aussi évoquer les autres formes de la maladie, la forme respiratoire n’étant qu’une composante de cette entité. En effet, les pasteurelloses peuvent provoquer des abcès sur la peau ou sur les organes vitaux tels que le foie, la rate ou les reins, des métrites, ou des troubles nerveux (dits « torticolis » car le lapin a la tête tournée).


Un traitement intéressant doit donc à la fois inactiver ou tuer la bactérie et diffuser partout dans l’organisme. Il faut aussi qu’il soit actif sur les mycoplasmes et les bordetelles. C’est le cas là encore de la tiamuline.


On fera réaliser un antibiogramme sur la pasteurelle avant de procéder au traitement car certaines pasteurelles sont devenues résistantes à cette molécule. Afin de bénéficier de la synergie des antibiotiques, on pourra aussi associer la tiamuline et l’oxytétracycline. Dans tous les cas, il faudra éliminer les facteurs favorisant l’apparition de la maladie (mauvaises ventilations, courants d’air, renouvellement d’air insuffisant, humidité ambiante …).

Conclusion
 

La tiamuline est donc une molécule qui peut rendre de multiples services en cuniculture. Bien employée (sur les bonnes maladies et en respectant les prescriptions), elle fait partie des antibiotiques qui aident à combattre les maladies bactériennes dans les élevages. Désormais disponible en petit conditionnement, les traitements utilisés par les professionnels sont mis à la portée des éleveurs amateurs.